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vendredi 26 août 2011

Double célébration

Bonjour à tous,

Voilà quelques mois que je n'ai plus publié la moindre nouvelle sur ce blog et je m'en excuse. Je ne pensais pas qu'il était autant suivi, et les messages que plusieurs dizaines d'entre vous m'ont envoyés m'ont touché. Maintenant que ma femme, ma fille et moi sommes stabilisés à Genève, je vais pouvoir vous faire partager de nouveau mon quotidien.

Mais ce message sera surtout dédié aux 2 événements qui ont marqué cette semaine. En effet, comme vous en avez maintenant l'habitude, il est de coutume de fêter les chiffres symboliques. Cette fois ci, nous fêterons donc le passage des 2000 heures de vol et mon 500ème atterrissage en Airbus (sans jamais le casser... en tout cas pas à ma connaissance !).

Cela mérite bien un petit retour en arrière e, chiffres. Ces 500 atterrissages incluent :
- 2 remises des gaz (à Nantes car la piste n'était pas en vue aux minimas, à Marrakech car la piste était occupée au moment de nous poser)
- 507 décollages. Cette différence s'explique par le fait que dans certaines conditions, le copilote n'est pas autorisé à poser l'appareil. L'atterrissage automatique ou avec un fort vent de travers sont réservés aux commandants.
- 0 décollages interrompus - je touche du bois jusqu'à maintenant.
- 1790 heures d'Airbus
- 2 rebonds (non inclus dans le nombre effectif d'atterrissages)
- 1 nightstop non planifié à Bastia (aéroport fermé à Lyon à cause de la neige).

Après avoir successivement visité les bases de Londres Gatwick, de Lyon, de Berlin et de Paris CDG, me voici donc finalement posé à Genève, où nous sommes confortablement installés. Quel bonheur de pouvoir observer quotidiennement les Alpes ou le Jura et surtout de pouvoir parler français dans un cockpit ! Quelle joie de naviguer entre les orages ou d'effectuer des approches à vue sur le Léman !


Il existe dans la base genevoise une atmosphère toute suisse : à la fois sereine, décontractée et consciencieuse. Les commandants sont suisses pour la plupart, mais il y a aussi des français et quelques anglais.
Les approches sont plus sportives qu'ailleurs en raison du relief, mais aussi parce que les contrôleurs sont un peu "joueurs". Approches expéditives avec réduction de vitesse en descente et raccourcis monstrueux sont le lot quotidien des "Topswiss", pour notre plus grand bonheur.

Mais ces derniers nous permettent aussi des choses que d'autres n'oseraient imaginer. Récemment, nous nous sommes vus proposer une visite touristique autour du mont blanc. Nous étions seuls sur la fréquence du contrôleur lorsqu'il nous a proposé de faire ce que nous voulions dans son espace aérien... Voici le résultat :






Les chauds jours d'été nous offrent de beaux moments, entre évitements de cellules orageuses et approches à vue partout en Europe, un véritable régal dont nous profitons à fond avant de nous replonger vers les turpitudes enneigées de l'hiver...

Porto, à 8 heures du matin

Le stade du Dragon à Porto

J'essaierai de poursuivre mes reportages sur les préparations de vol à l'occasion. D'ici là, happy landings à vous tous !


mercredi 17 août 2011

De retour

Bonjour à tous,

A la demande de plusieurs lecteurs assidus de ce blog, je vais prochainement envoyer de nouveaux articles sur la vie genevoise. Patience, donc :)
Et merci pour vos commentaires flatteurs !

dimanche 6 février 2011

Un vol particulier

Il est des destinations dont on se souvient longtemps après les avoir desservies. Les raisons peuvent être nombreuses, comme un passager connu à bord ou une avarie par exemple.

Mon vol récent vers l'Egypte sera à coup sûr l'une d'entre elles. En ces temps agités sur le continent nord africain, comment ne pas, au matin d'aller desservir Hurghada, ressentir un peu d'excitation ?

La Suisse ayant demandé à ses ressortissants de quitter l'Egypte au plus tôt, il y avait fort à parier que peu de personnes effectueraient le voyage aller jusqu'à cette ville essentiellement touristique.
Et c'est au plus grand plaisir des stewarts et hôtesses que nous avons appris lors du briefing que seules 10 personnes embarqueraient dans notre A319.

Dans un pays en état de crise, le ravitaillement des appareils n'est pas certain. Aussi, n'ayant que peu de passagers, nous avons décidé, sur conseil de la compagnie, de remplir les réservoirs avec le maximum de carburant. Mon précédent record est tombé pour longtemps, avec plus de 14 tonnes de kérozène bien chaud embarqués.

Hurghada est la destination la plus éloignée que nous ayons depuis Genève. Les vents en altitude étant ce qu'ils sont, le plan de vol affichait 4h10 block à l'aller et 4h50 block au retour. Autant dire une journée interminable... Par chance, le commandant était extrêmement sympathique, ce qui aide à passer le temps beaucoup plus vite.

de l'autre côté des Alpes

Lever de soleil en survolant les côtes italiennes

Après 4 heures de vol, voici l'aéroport d'Hurghada

La procédure d'approche de l'aéroport d'Hurghada nous offre une vue imprenable sur la côte, bardée d'hôtels à touristes. De nombreuses piscines, parcours de golf et autoroutes rectilignes côtoient les dunes de sable et la mer bleu turquoise. Mais à si basse altitude, nous avons pu constater que les piscines étaient toutes vides de touristes, qui ont préféré quitter le pays.
Images de désolation...


Comme nous sommes arrivés en avance, nous avons pris le temps de discuter avec le dispatcher local, qui nous expliquait le point de vue égyptien sur la situation politique de son pays. Il était très ému et touchant dans son discours. Au moment de fermer la porte de l'avion, il nous salua d'un "bon retour, et priez pour nous" lourd de sens...

La route retour nous emmena plus au nord que la route aller. Nous survolâmes Alexandrie, Heraklion, Dubrovnik, Split, Venise, Milan et les Alpes et en avons profité pour prendre quelques photos sympathiques.

Athènes la gigantesque

Le détroit de Corinthe

La mer Egée et le Péloponnèse

Les Alpes

A part cela, le déménagement est enfin terminé, mes femmes ont migré vers la région genevoise et les voyages sur mes jours off sont enfin terminés. Etape suivante : découvrir les stations de ski locales...

A bientôt !

samedi 22 janvier 2011

bientôt...

Je m'excuse pour le manque de nouvelles, mais entre un déménagement à préparer, un enfant dont il faut s'occuper et des aller-retours incessants sur mes jours OFF, je n'ai pas de temps pour mettre le blog à jour.

Je vais y remédier rapidement, promis :)

A très bientôt, donc.

lundi 8 novembre 2010

Premiers jours à Genève

Le 1er novembre dernier marquait mon arrivée officielle dans ma nouvelle compagnie. Bien qu'elle utilise les mêmes bouquins et procédures que la maison mère d'où je viens, il reste nécessaire d'être soumis à plusieurs cours au sol et simulateurs.
En effet, la réglementation à laquelle les suisses sont soumis est celle de la FOCA, et non celle de la CAA anglaise.
Ainsi, les pilotes sont obligés de suivre des cours de "mise à niveau" afin d'être sensibilisés aux lois locales.

Le premier jour, donc, nous avons le plaisir de participer à des cours aussi divers que "Swiss dangerous goods" ou "Flight time Limitation".

Par coïncidence, le second et le troisième jour étaient synonymes pour moi de recurrent. En des termes plus clairs, tous les ans, nous devons suivre des cours spécifiques : le CRM (crew ressource management), le SEP (Safety and Emergency Procedures) et le Technical refresher.

Dans les détails :
*CRM : Le but de ce cours est double. Tout d'abord, apprendre à comprendre comment interagissent les gens dans un cadre donné. Ici, un équipage d'un avion. Ce cours est commun aux pilotes et aux PNC. On nous présente des théories, on nous fait participer à des jeux et on nous présente des cas concrets ou le CRM a été défaillant ou, au contraire, efficace au point d'éviter un accident.

*SEP : Ici, on nous rappelle de manière participative tous les équipements relatifs à la sécurité à bord de l'appareil. Du nombre de bouteilles d'oxygène portable à la manipulation d'urgence des portes sur les ailes, tout est passé en revue.

*Technical refresher : Tous les 6 mois, les pilotes sont réunis par groupe de 4 ou 5 dans une pièce afin de traiter en profondeur de sujets choisis par le management. Cette année, nous avons eu le plaisir de parcourir avec précision le système de Bleed, celui de Fuel, et un rappel sur l'Emergency descent en cas d'absence ou incapacitation d'un des 2 pilotes.

Et les vols, dans tout ça ?
Eh bien, ils devront attendre encore un petit peu puisque, comme je vous l'expliquais plus haut, nous devons faire 2 séances de simulateur afin d'être lâchés par la FOCA. Ces simulateurs devraient en théorie être une formalité, mais chaque session a sa dose de stress qui l'accompagne car, mine de rien, c'est notre licence qui est en jeu !
Sur l'une des deux journées, nous reverrons les "basiques" comme panne moteur pendant le décollage (avant et après V1), approche ILS manuelle, approche de non précision sur 1 moteur, etc...

Les simulateurs suisses sont à Amsterdam, ce qui signifie, pour mon plus grand bonheur, que je n'aurai pas à me rendre à Londres pour subir ces 2 jours de torture ! Chouette chouette...

Une fois les simus terminés, alors je pourrai enfin commencer à voler pour les Suisses. Une journée de 4 vols en compagnie d'un training captain, puis le lendemain un aller retour avec 2 captains à l'avant, pour mon line check.

Les vols sur Genève sont plutôt sympathiques, avec notamment quelques nouvelles destinations pour moi, comme Hurgada, Sharm el Sheik ou Tel Aviv. Je vous en dirai plus dans quelques temps, le temps pour moi de prendre mes marques.

Par ailleurs, pour finir cet article, je lance un appel aux bonnes âmes locales : je suis à la recherche d'un appartement type F4 à pas plus de 20 minutes de l'aéroport de Genève. Si vous avez le moindre tuyau, n'hésitez pas, je suis preneur.

A très bientôt




jeudi 28 octobre 2010

Hors sujet

Bonjour à tous,

Très court message pour vous expliquer les raisons du peu de mises à jour ces derniers temps.
La petite Lucile est arrivée vendredi 22 octobre, le jour des 32 ans de sa maman :)
50 cm pour 3kg250, un très joli bébé...

Vous comprendrez qu'elle m'accapare pas mal de temps (l'intégralité de mon temps en fait) et me pardonnerez de ne pas mettre de nouveaux articles sur ce blog.

Cependant, je profite d'un léger répit pour vous confirmer que je commence à travailler à Genève au 2 novembre. Les premiers jours sont une sorte de "refresher" en Ground School (CRM, Tech, SEP...), puis ensuite un simu de mise à niveau du côté d'Amsterdam avant la mise en ligne sur Cointrin.

Promis, des articles suivront quand j'aurai un peu de temps libre.
A très bientôt, donc.

Pour me faire pardonner un peu, voici quelques clichés pris lors de mon séjour à CDG.





mercredi 22 septembre 2010

Enfin !!!

Depuis que j'ai ouvert ce blog, au commencement de ma formation, j'ai constaté qu'à chaque période d'attente d'un grand changement correspondait une grande période de latence sur ce blog. Je m'excuse donc de ne pas avoir effectué de mise à jour depuis quelques temps.

Vous l'aurez compris, de tractations en suppositions, de tergiversations en rumeurs, ces derniers mois ont été agités sur le plan de l'avenir professionnel. Le frémissement ressenti récemment sur la relance des recrutements dans l'aéronautique semble se confirmer. Même les Majors parlent de réouvrir les vieux dossiers poussiéreux de candidats ayant maintenant quelques années de plus à ajouter sur leur CV.

J'ai quitté Berlin, où j'ai passé un mois plutôt agréable, en août pour atterrir à Paris CDG. En plus d'être idéalement rapproché de Lille, je suis logé gracieusement au Sheraton jusque fin octobre... A l'origine, je devais faire une pige parisienne jusque janvier, mais voilà que Genève a repointé le bout de son nez pour mon plus grand plaisir !!

CDG

Eh oui, après un faux départ courant mars, voilà que je vais effectuer mes grands débuts chez les suisses en novembre au sein de la filiale d'EZY, avec un joli contrat permanent come on les aime !! Quel bonheur les amis !! Evidemment, il convient de rester prudent tant que rien n'est signé, mais l'accord de principe est bel et bien là, et me revoilà parti dans les recherches de logement sur place... Je lance donc un appel à toutes les idées que vous pourriez avoir pour ce genre d'annonce :

Famille avec 1 bébé ch. app. proche Genève, 3 ch. si poss. en France.

A part cela, la vie est belle à Paris. J'ai même eu un commandant de bord d'air France me faisant un signe amical de la main aujourd'hui ! (il devrait consulter son ophtalmo, il n'a pas dû voir que mon avion était orange... A moins qu'il fût simplement sympathique ??). Les routes sont plutôt variées depuis CDG, et les retards aussi fréquents qu'ailleurs, ça en devient pénible.

Ceci dit, avec l'arrivée d'une nouvelle directrice générale à la tête de la boîte, des solutions immédiates ont été imposées, comme les annulations plusieurs jours à l'avance de vols afin de permettre un battement entre les vols matinaux et ceux de l'après midi. Mais cela ne résoudra pas le problème même qui est le manque d'équipages, notamment de pilotes.

Les commandants à CDG sont essentiellement belges, pour la plupart des ex SABENA (compagnie belge qui a baissé pavillon il y a quelques années) et fort agréables. Ils sont francophones, ce qui ajoute de la sympathie vis à vis des passagers. Et j'avoue que ne pas avoir à parler anglais tous les jours me fait des vacances !! Les communications relatives au vol sont bien entendu toujours effectuées en anglais, mais les discussions générales (qui représentent 90% du vol) sont en français.

Paris by night

Voilà les dernières nouvelles. Demain, c'est grêve nationale... Par chance, je ne travaille pas et me gausse honteusement de la galère à venir pour les collègues.
Prochainement, la Partie II du topic "préparation du vol" ;)


vendredi 17 septembre 2010

prochaine mise à jour...

Salut à tous,

Mille excuses pour le manque de mises à jour, mais depuis que je suis à CDG, la connexion internet est plutôt limitée.
Promis, un update arrivera très bientôt, notamment avec une excellente nouvelle genevoise.

A très vite.

dimanche 25 juillet 2010

La vidéo de Pierre A.

Une fois n'est pas coutume, je vais transiger à ma règle de ne pas poster de choses qui ne m'appartiennent pas.
Je ne peux résister à la tentation de vous présenter la vidéo que Pierre A. , CP77 avec CTC, vient de terminer. Elle illustre assez bien une partie de la phase de formation en Nouvelle-Zélande, et j'avoue qu'elle m'a donné un bon coup de blues.
J'espère qu'il ne m'en voudra pas.

Voici l'adresse de son blog : http://latetenlair.over-blog.com

Régalez-vous, et encore chapeau, Pierre !


CP77 New Zealand VFR Phase from Pierre on Vimeo.

mardi 20 juillet 2010

Article I : La préparation du vol

Les gens fantasment beaucoup sur le métier de pilote de ligne, sans finalement trop savoir ce qu'il en est. Je vais donc essayer, tant que faire se peut, de vous décrire dans une série d'articles le quotidien d'un pilote.
N'hésitez pas à poser des questions ou à commenter à l'issue des articles, je me ferai une joie d'essayer d'y répondre.

Le premier de ces articles est consacré à la préparation de vol. Je sais que pas mal d'entre vous ont déjà demandé des précisions sur cette phase, voici votre voeu exaucé.

La préparation du vol.

Les pilotes de ma compagnie sont supposés se rendre à la Crew room au minimum une heure avant le départ du vol. De manière générale, les copis arrivent en avance afin de préparer au mieux les documents de vol pour l'arrivée du captain. Tout est timé avec précision, et il n'y a que très peu de temps pour les bavardages concernant le barbecue de la veille ou sur la couleur du nouveau bateau que le commandant envisage d'acheter.

A l'arrivée, nous partons sur les ordinateurs qui ornent les murs de la salle de briefing afin d'y vérifier qu'aucun changement ne nous affecte (nouvelle route, équipage qui arrivera en retard, etc...) et nous enregistrons sur le système.

Pour la documentation de vol, nous utilisons les mêmes systèmes que la Lufthansa, un système appelé LIDO briefing. Cette documentation très complète nous fournit toutes les informations (utiles et moins utiles) relatives au vol : la route empruntée, les différentes masses de l'appareil, les aéroports de déroutement, les NOTAM (voir ci-après), la météo sur les aéroports en route, au départ et à destination, les SIGMET, et les NTC.


Evidemment, comment parler de briefing sans utiliser un jargon... Bien que j'essaie de rendre l'exposé clair, veuillez m'excuser si quelques zones d'ombres subsistent.

Description :

Les NOTAM (NOtice To AirMen) sont des messages publiés par les agences gouvernementales de contrôle de la navigation dans le but d'informer les pilotes d'évolutions sur les infrastructures (une navaid en panne, une grue sur un aéroport, etc...)

Les SIGMET (SIGnificant METeorological information) sont des messages destinés aux avions en vol signalant des phénomènes météorologiques dangereux et observés et/ou prévus.

Les NTC (Notices to Crew) sont des messages émis par les compagnies à l'attention de leurs pilotes pour attirer leur attention sur certains points particuliers (nouvelle procédure, par exemple)

Le briefing LIDO est imprimé généralement par le copilote, et a été préparé en amont par une équipe au sol dont c'est le job.

Le temps que le commandant arrive, j'ai pour habitude de lire une première fois les documents et d'en relever les points importants. Dans le même temps, lorsque je ne suis pas familier des procédures de l'aéroport où nous nous rendons, il nous est possible de consulter les cartes Jeppesen (l'organisme qui nous fournit les cartes) mises à disposition.


L'arrivée du commandant est souvent simultanée à celle des cabin crews. Pendant que les pilotes se briefent sur le vol, les crew revoient leurs procédures et discutent des conditions particulières propres aux vols du jour.

A l'issue du briefing, nous choisissons, souvent d'un commun accord, qui effectuera quel vol.
Pour comprendre cela, il faut savoir que les tâches du commandant et du copilote sont réparties en "PF" (pilot flying) et "PNF" (pilot non flying). Le PF, comme son nom l'explique, est celui qui pilotera effectivement l'avion, qui actionnera le manche, qui fera monter, descendre, accélérer ou tourner la machine. Le PNF, lui, actionnera le reste : communications, monitoring des actions du PF, vérification des niveaux de fuel, etc...
Ces tâches sont alternées : il est commun que le commandant soit PF sur un secteur et le copi sur le retour.
Eh oui, contrairement aux idées reçues, les 2 pilotes font la même chose !
Bien entendu, le commandant reste le maître à bord et peut reprendre le rôle de PF quand bon lui semble. Après tout, c'est son avion...

Une fois le briefing terminé, les rôles attribués et la quantité de pétrole déterminée, nous allons rencontrer le reste de l'équipage afin de communiquer les informations importantes (café noir sans sucre pour moi). Puis nous faisons route vers l'avion, non sans avoir préalablement vérifié s'il était à l'heure, et son stand.

Bien entendu, nous franchissons les lignes de sécurité et montrons patte blanche.
L'avion est là, et l'activité autour est incessante. Avec un peu de chance, le camion de refuel est déjà là, prêt à envoyer des tonnes de carburants dans les ailes de l'engin.


Pendant que l'équipage effectue ses vérifications de sécurité dans la cabine, le commandant ouvre le Tech Log (la Bible de l'avion, tous les défauts de ce dernier y sont mentionnés, archivés, vérifiés par les ingénieurs et éventuellement planifiés pour réparation ultérieure). Le copi en prend connaissance.


C'est à ce moment que le PF et le PNF entrent dans leur rôle respectif. Pendant que le PF prépare l'ordinateur de bord, le PNF sort de l'avion et effectue une vérification visuelle de la condition générale de l'appareil. Il y cherche à l'oeil nu ce que les systèmes ne peuvent détecter (trou dans la carlingue, déformation d'une pâle de moteur, pneu usagé, indicateurs de freins proches de 0, etc etc...).
Le moindre soucis, et les ingénieurs sont alertés et dépêchés sur place pour évaluer le problème.

Le PF, quant à lui, entre la route dans le FMGC (l'ordinateur de bord) et autres paramètres.
A son retour à bord, le PNF prépare les performances de l'avion. Pour se faire, nous avons à notre disposition un LPC (un ordinateur portable "Less Paper Cockpit").


Cet outil nous permet d'économiser pas mal de temps, et nous donne, pour une configuration donnée, météo donnée, un poids et une répartition du poids donnés, les meilleures vitesses à adopter pour le décollage. Le papier blanc que vous voyez sur le LPC est ce qu'on appelle la "loading sheet". Elle communique le nombre de passagers classés ainsi : Hommes, Femmes, Enfants, Nourrissons. En effet, à chaque catégorie correspond un poids moyen. Il nous présente également quel poids de bagages se trouvent dans les compartiments cargos. Avec toutes ces données, nous avons une estimation précise du poids de l'avion et de son centre de gravité, permettant, comme expliqué plus haut, de calculer les vitesses optimales.

Le principe d'une compagnie low cost, c'est d'utiliser ses avions en l'air le plus souvent possible. Ainsi, chaque minute au sol est une perte de temps pour la compagnie. Nos rotations sont généralement planifiées en 30 minutes. Pendant que les pilotes préparent l'engin, les cabin crews ont terminé leurs vérifications et préparations dans la cabine pour accueillir les passagers.


Les passagers sont à bord, la clairance de départ est donnée par le contrôleur du coin, les portes sont fermées, l'avion est prêt à partir. Mais ça, ça sera pour un prochain numéro !