mercredi 3 février 2010

La neige retombe, Genève pointe son nez

Avant de rédiger ce nouvel article, je tiens à vous remercier pour les messages de sympathie par rapport à ce blog. Pour être tout à fait franc, je commençais à me lasser de publier des choses qui me semblaient n'avoir aucun écho, mais en voyant le nombre de messages reçus sur une 12 aine d'heures, je vais poursuivre un peu ce blog et tenter de vous faire vivre au mieux mon expérience.

Pour ceux ayant suivi mes aventures depuis le début, vous savez que la question épineuse des contrats a été (et est toujours) un point très sensible pour les ex cadets CTC qui ont rejoint la compagnie. Tout récemment, nous avons décidé de nous regrouper et de faire front en déclinant l'offre qui nous était présentée. Dans ma situation personnelle, je n'avais pas grand chose contre ce contrat qui pâtissait surtout pour les nouveaux arrivants et pour les gars n'ayant pas la chance de voler beaucoup. A Lyon, nous sommes un peu protégés, car nous volons beaucoup, aux alentours de 70-80 heures par mois. Et comme nous sommes payés à l'heure de vol...

Bref, notre front a bien fonctionné puisque certaines de nos revendications ont trouvé un accueil favorable au niveau de la compagnie, et nous avons tous signé, sans un emballement hilare, mais c'était le moins pire que nous pouvions accepter. Depuis ce 1er février, donc, ce contrat a pris effet.

Ceci étant dit, j'espère ne pas rester trop longtemps sous ce type de contrat, car une opportunité s'est créée au niveau de la compagnie jumelle easySwiss. Ils recherchent 15 First Officers pour débuter en Mars, et je dois avouer que c'est LA nouvelle que j'attendais. Voler à Genève, sous contrat permanent Suisse... que puis-je espérer de mieux ? Enfin un horizon qui semble se dégager, une opportunité de rester durablement quelque part, d'y emmener ma petite femme, et de faire quelques projets sur place.
CTC fait une première sélection après avoir reçu, je pense, entre 50 et 60 candidatures. Elle soumet ensuite ces candidatures à EasySwiss, qui est le décideur final. Je sais qu'ils recherchent en priorité des francophones (ou germanophones) prêts à rester durablement à Genève ou à Bâle. Leur crainte, en effet, est que les cadets anglais postulent pour trouver un contrat permanent et demandent dans la foulée un transfert de base back to the UK.

La fin du dépôt des candidatures est pour aujourd'hui, et ce serait pour commencer à travailler chez les suisses en mars. Tout devrait donc s'enchaîner rapidement, avec un entretien probablement à Genève. Je vous tiendrai au courant de l'avancée de cette affaire, en croisant les doigts très forts.

Sinon, la neige s'est mise à retomber avant hier, et je présente encore une fois mes excuses aux passagers de Bordeaux qui ont eu la patience d'attendre plus de 3 heures avant qu'un créneau ne s'ouvre pour nous envoler vers Mérignac. La bonne nouvelle est que nous sommes les seuls à être partis, tous les autres vols étant restés à Saint Ex.

Je viens aussi de terminer une petite vidéo dans laquelle je fais figurer certaines jolies prises de vue en l'air ou au sol. En regardant ces photos, je me souviens de la chance que j'ai de me trouver là où je suis, et vos commentaires m'incitent évidemment à poursuivre à partager tout cela. Bon visionnage !


mardi 2 février 2010

question

souhaitez vous que je poursuive ce blog ?
J'avoue que la lassitude commence à poindre sérieusement...

mardi 5 janvier 2010

Bonne année 2010 !

Je souhaite à tous les passionnés et aux curieux qui fréquentent ce blog une superbe année 2010. Qu'elle soit l'occasion pour chacun d'entre vous d'accomplir ses rêves et de surmonter les obstacles qui se dressent sur vos chemins respectifs.

J'en profite par ailleurs pour m'excuser du peu de messages depuis 2 mois sur mon blog, mais je n'avais pas grand chose à y faire figurer à vrai dire.
Alors, quelles sont les nouvelles ?

Tout d'abord, au niveau du contrat... Nous sommes toujours sur un contrat de 6 mois en France pour le moment, et les discussions semblent aller bon train entre l'école et la compagnie sur les termes du prochain contrat, que nous attendons d'un jour à l'autre.
Je ne manquerai pas de vous tenir au courant

Mais au niveau des nouvelles un peu plus intéressantes, les récentes chutes de neige ont causé un chaos pas possible à Saint Exupéry. Non pas que l'aéroport ait dû fermer longtemps, mais beaucoup d'appareils n'ont pas pu rentrer au bercail la veille !! D'où pas mal de vols annulés, faute d'avions, et de passagers faisant la queue aux comptoirs des compagnies.





Encore une fois, très bonne année à tous !!

vendredi 20 novembre 2009

Cat III b

Mes débuts dans l'aviation commerciale sont forcément faits de premières, mais celle-ci avait un goût tout particulier. A l'occasion d'un vol vers Bordeaux, voilà ce qu'on pouvait lire sur le METAR du coin :
LFBD xx0530 23001KT VV/// BCFG 7/7 Q1020

"Qu'est-ce que c'est que ce charabia", doivent se demander les gens pour qui cette suite de lettres et de chiffres s'apparente à un enchevêtrement de symboles sans aucun sens...

Un METAR (METeorological Airport Report) est en fait un rapport d'observation à destination des pilotes, pour leur définir les conditions d'un aéroport en particulier.
Chaque "bloc" correspond à une définition précise. Dans le cas présent, LFBD est l'aéroport de Bordeaux Merignac. xx0530 est la date et l'heure du rapport (ici, 6h30 du matin, heure française). 23001KT est la direction du vent, et son intensité (ici, quasi nul, puisque de 01 noeud). VV/// signifie qu'il n'est pas possible de définir la couche nuageuse par l'observateur. BCFG = Bancs de brouillard. Q1020 ... euh... ça vous sera expliqué plus tard.

Quand on lit un METAR comme celui qui nous est présenté au beau milieu du vol, on se dit que ça va être un peu plus sportif qu'à l'accoutumée. Chouette chouette chouette. Quel passionné n'a jamais regardé une vidéo d'avion se posant dans un épais brouillard ?
Le commandant avait pris les manettes depuis Lyon, en prévision de ce brouillard à l'arrivée.

Arrivés dans la zone de Bordeaux, pas de surprise, le brouillard est toujours là et bien là. Une visibilité sur la piste de 700 mètres... on va rire ! On est bien au delà des minimas sur les cartes, mais quand même. Ca sera donc une approche cat IIIb, avec une DH à 25ft. ("mais qu'est-ce qu'il raconte??"). Pour schématiser, si, durant l'approche, nous ne voyons pas la piste à une altitude de 25 pieds, on remet les gaz. Mais 25 pieds, c'est bas... Si nous avions à remettre les gaz à cette altitude, il est possible que nous touchions la piste avant de redevenir airborne.

Au final, l'avion s'est bien posé tout seul, la visi n'avait pas l'air aussi mauvaise que prévue, et nous avons roulé très, très lentement vers les portes de Mérignac. pour y prendre un bon bol ...de brouillard.

Pour finir, voici quelques photos prises lors d'une cession spotting avec Maxime.
A très vite !


mercredi 4 novembre 2009

"Saint Ex Tower, good morning"

Grande nouvelle : Saint Ex, c'est plus petit que Gatwick.

La différence de taille est la première chose qui frappe lorsqu'on arrive dans l'aéroport Saint Exupéry de Lyon après avoir passé 6 mois dans les environs d'EGKK. Mais ce qui est petit est mignon, dit-on.
Après 2 journées de vols au départ de LYS, voici mes premières impressions sur ma nouvelle base, et quelques anecdotes sur les journées qui viennent de s'écouler.

easyJet dispose de 3 appareils à Lyon (contre 52 à Gatwick!). Jusqu'au 1er novembre, seuls 2 A319 jouxtaient le terminal 3. Mais avec l'expansion macrophagique de la compagnie, le troisième avion est arrivé, offrant ainsi de nouvelles destinations. Ainsi, Rome Ciampino, Nantes, Edimbourg, Bruxelles viennent s'ajouter aux destinations offertes depuis la capitale des Gones.

LYS est une base pour les cabin crews, pour les F/O (copilotes), mais pas pour les captains, qui continuent d'arriver pour quelques jours depuis diverses bases essentiellement anglaises (LTN, LGW, STD) et logés à l'hôtel dans la ville.
La crew room ne paie vraiment pas de mine vu de l'extérieur... Petite, à l'écart, entourée de grillages... mais l'intérieur contraste avec son apparence, affichant une raisonnable modernité, et un nombre d'ordinateurs et de tables de brieffing juste suffisant pour que 3 équipages puissent y prendre position.

Les destinations sont généralement plus proches que celles de Gatwick. Quelques-unes d'entre elles : Toulouse, Bordeaux, Madrid, Barcelone, Porto, Marrakech, Casablanca, Rome... Les journées se soldent donc souvent par 4 vols quotidiens, d'environ 1 heure chacun.

Ce matin, direction Rome Ciampino, le second aéroport de Rome après Fiumicino. J'arrive bien en avance à la crew room, car Ciampino est un aéroport compliqué (il existe un brief de 78 pages à lire avant de s'y rendre!), pour me préparer au mieux et imprimer (et décortiquer) les documents du vol. Et là, surprise... Un NOTAM (Notice To AirMen) stipule que l'aéroport sera fermé entre 8h30 et 9h30 du matin, pile poil quand nous sommes censés arriver là bas...

Il y a des jours où rien ne va comme on l'espère. On prévoie quelque chose, c'est l'opposé qui arrive. Eh bien, cette journée était l'une d'entre elle. Ciampino fermé, des changements de pistes aux derniers moments au départ comme à l'arrivée, des procédures d'arrivée qui ne correspondent pas à ce que nous avons brieffé au préalable, des ILS qui ne fonctionnent qu'à moitié, du vent de travers avec fortes rafales... Bref, de quoi vous tenir éveillé si vous avez mal dormi la veille.

A l'arrivée sur Ciampino, tous les avions sont envoyés dans ce que nous appelons des circuits d'attente (ou holding patterns). Pour schématiser, les contrôleurs font tourner les avions en rond en attendant que la situation se débloque, avant de les envoyer les uns après les autres, dans une séquence réglée comme du papier à musique, vers l'approche. C'est la démonstration par l'exemple qu'il vaut mieux bien lire les NOTAMS avant de partir, car cela requiert quelques centaines de litres de pétrole supplémentaires dans les réservoirs, sous peine d'avoir à partir vers une autre destionation, pour la plus grande joie des passagers....

Bouchons à l'arrivée = bouchons au départ. Et par effet de dominos, nous serons en retard sur tous nos vols de la journée, la faute à une démonstration militaire matinale en Italie.
Mais cette petite anecdote fait partie du folklore, et je ne me plains pas de ces turpitudes, d'autant que - en raison du mois passé sans voler - je suis accompagné d'un Training Captain sur mes 8 premiers vols avant le Line check après demain.

Bref, je m'amuse comme un petit fou à Lyon, si vous ne l'aviez pas encore compris :)
Merci à vous pour vos messages, j'espère parvenir à vous faire partager ma passion et le rêve que je vis éveillé depuis 6 mois, en dépit de ce que les détracteurs peuvent dire. Nous travaillons dur, nous travaillons beaucoup, mais que c'est bon !!